Archives du Futur Antérieur


RDV tacite entre les générations

Rendez-vous tacite entre les générations
Genève, Suisse
AFA 24
© AFA production, 2021

Expo photo dans l'espace publique,
stand photo au marché aux puces
centre de consultation d'archives photographiques
curating et display par ALT pour AFA

"Rendez-vous tacite entre les générations"

Si les générations ont rendez-vous, il est très probable qu’elles se rencontrent au marché aux puces.


Sur tous les continents il y a des marchés de deuxième main où chaque semaine on vend,
on achète, on échange, on troc, on recherche, on marchande, on surenchérit,
on revend, on fouine, on trouve, on cherche, on déniche, on flâne,
on traque, on arnaque, on blouze, on roule, on bluffe,
on feinte, on loupe et on retrouve.
Au final la pression monte pour faire baisser les prix.

Situés à la croisée des chemins, au bord des routes,
dans des oasis, dans les rues et sur les places des villes,
les marchés sont des points de rencontre où les savoirs s'échangent.
Ce sont des zones de contact où les cultures dialoguent,
où elles se croisent et s'influencent mutuellement.

Les marchés sont des Temples où les échanges sont sacrés,
où les techniques et les idées s'imprègnent les unes des autres.
Ils servent à faire évoluer les connaissances,
à enrichir et régénérer les cultures qu'ils mélangent.

De l'antiquité à nos jours, ce moyen de communication ancestral,
a formé un réseau qui a eu un impact majeur sur le dévellopement des sociétés humaines.
Parti de quelques stands dans des haltes de marchands nomades,
ce sont des caravanes qui ont commencé à allimenter des soucs,
des bazaars, des marchés d'artisans et des foires.
ça c'était avant.


Truffées de prix de gros, de coup de bol et d'affaire du siècle,
les puces c'est là où l'échange est un un art qui se pratique entre les générations depuis la nuit des temps.

Les puces c'est un mélange d'histoires individuelles et collectives qui s'additionnent,
elles se multiplient, s'amoncellent et se mélangent pour finir par s'étaler sur le trottoir.


D'ailleurs, certains objets ont le pouvoir de capter le regard et de le perdre dans les étoiles.
Il est très compliqué de déterminer la durée précise de ces instants passés en suspension.
La mémoire est si vivace qu'une petite stimulation peut faire voyager très loin.


L'aura des objets résonne parfois comme un déjà-vu pour notre mémoire.
Elle déclenche des souvenirs associés et permet de recréer un contexte, inscrit dans son époque,
avec son ambiance, sa texture, ses odeurs, ses sons, son climat social et politique.


Les objets s'empilent et attendent des yeux et des oreilles a séduire pour leur raconter des bribes de leurs vies passées.
Tous ces récits se mélangent.
Ensemble ils complètent l'histoire du développement de la modernité et de la post-modernité des 60 dernières années.
Cette histoire des vaincus est décodable dans le rebus et les restes accumulés par les trois générations précédentes.
Des archéologues contemporains y lisent l'histoire de la modernité dans les traces de la vie intime d'anonymes.

Les gens vivent, les gens ont vécu.

Les illuminations des visiteurs nous éclairent pour décoder les images d'archive et leur contexte d'origine.
Les bribes d'histoire populaire et les anecdotes enregistrées lors de discussion avec les visiteurs sont transcrites .
Ce narratif de rue évolutif sera publié avec les images dans nos Cahiers de recherche.

Le stand propose des moment qui suspendent le temps et laissent parler les âmes prisonnières des images.
Le stand des Archives du Futur Antérieur (AFA), bientôt près de chez vous à l'occasion de "Tour de Suisse".

"Tour de Suisse" et "Rendez-vous tacite entre les générations"
sont des productions des Archives du Futur Antérieur
elles exposent les archives de Jacques Thévoz
pour l'AAAJT et la biennale NO'PHOTO 21 à Genève, Suisse

Sur le concept d’histoire, Thèse II

« L’un des traits les plus remarquables de la nature humaine est, […]
à côté de tant d’égoïsme individuel,
l’absence générale d’envie
que chaque présent porte à son avenir.
»
Cette réflexion de Lotze conduit à penser que
notre image du bonheur est tout entière colorée par le temps dans lequel il nous a été imparti de vivre.
Il ne peut y avoir de bonheur susceptible d’éveiller notre envieque
dans l’atmosphère où nous avons pu parler à des femmes
qui auraient pu se donner à nous.
Autrement dit,
l’image du bonheur est inséparable de celle de la rédemption.
Il en va de même de l’image du passé, dont s’occupe l’histoire.
Le passé est marqué d’un indice secret, qui le renvoie à la rédemption.
Ne sentons-nous pas nous-mêmes un faible souffle de l’air dans lequel vivaient les hommes d’hier ?
Les voix auxquelles nous prêtons l’oreille n’apportent-elles pas un écho de voix désormais éteintes ?
Les femmes que nous courtisons n’ont-elles pas des sœurs qu’elles n’ont plus connues ?
S’il en est ainsi,
alors il existe un rendez-vous tacite entre les générations passées et la nôtre.
Nous avons été attendus sur la terre.
À nous, comme à chaque génération précédente, fut accordée
une faible force messianique sur laquelle le passé fait valoir une prétention.
Cette prétention, il est juste de ne point la repousser.
L’historien matérialiste en a conscience.
Walter Benjamin, Sur le concept d’histoire, 1940, Traduction de Maurice de Gandillac (Œuvres III)